Nassim Boukrouh : l’entrepreneur qui redonne de la valeur aux friches industrielles, de la Lainière à l’international

Transformer un site industriel silencieux en un lieu vivant, utile et rentable : c’est le fil conducteur du parcours de Nassim Boukrouh. Enfant de Roubaix, il s’est imposé comme un acteur de la reconversion urbaine en portant l’un des projets les plus emblématiques du territoire : la transformation de l’ancienne usine textile de la Lainière (Roubaix-Wattrelos) en un ensemble mixte combinant 130 logements, des dizaines d’entrepôts et des locaux commerciaux pensés pour les artisans, TPE et PME.

Ce qui rend son histoire particulièrement inspirante, c’est l’alignement entre ses racines, sa méthode et ses résultats : son père a travaillé à la Lainière, et le site est devenu, sous son impulsion, un symbole de renaissance économique. Sans se positionner dans la spéculation classique, il met en avant une logique simple et performante : créer de l’usage en rendant des actifs sous-valorisés à nouveau désirables, “liquides” et adaptés à la demande réelle.

Des racines ouvrières à une ambition de bâtisseur

À la Lainière, l’histoire est personnelle. Nassim Boukrouh l’exprime clairement : son père y a travaillé. Cette dimension familiale donne au projet une portée qui dépasse la simple opération immobilière. On ne parle pas uniquement d’un chantier ; on parle d’un morceau de mémoire locale, d’un patrimoine industriel et humain, et d’une volonté assumée de faire revenir de l’activité là où l’industrie s’est tue.

Cette proximité avec le terrain l’aide à garder une boussole : la reconversion urbaine est une réussite lorsqu’elle répond à des besoins concrets (stockage, ateliers, petites surfaces professionnelles, logements), et pas seulement lorsqu’elle “fait joli” sur le papier.

Un parcours autodidacte construit dans l’action

Le profil de Nassim Boukrouh est celui d’un entrepreneur autodidacte qui privilégie l’exécution rapide. Il obtient un bac commerce (lycée Jean Moulin à Roubaix) et reconnaît que le modèle scolaire traditionnel ne lui correspondait pas. Très tôt, il se tourne vers l’initiative personnelle : il débute dans l’achat-revente de voitures, apprend en faisant, et s’investit sans compter ses heures.

Ce rythme et cette intensité le conduisent à diriger une structure allant jusqu’à 150 salariés. Une expérience qui forge une compétence essentielle : la capacité à opérer, décider et structurer. Et, dans le même temps, à comprendre ce qu’il préfère : l’action et la stratégie d’actifs plutôt que la gestion humaine au quotidien.

La discipline comme moteur de performance

Selon le portrait publié, il démarre ses journées très tôt avec une routine sportive, une façon de canaliser un esprit qui “va très vite”. Cette discipline illustre une constante dans sa manière d’entreprendre : garder une énergie élevée, trancher vite et avancer sans s’enliser dans l’inertie.

Sa méthode : “découpe intelligente” et changement d’usage plutôt que spéculation

Le déclic immobilier vient d’une observation pragmatique : certains marchands achetaient des entrepôts pour les découper et les revendre. Nassim Boukrouh pousse cette logique plus loin avec une idée directrice : à énergie comparable, un projet plus grand, mieux structuré et mieux segmenté peut produire des résultats démultipliés.

Ce que cela implique concrètement

  • Opérations rapides: réduire les délais inutiles et concentrer l’effort sur ce qui crée de la valeur.
  • Changement d’usage: transformer un actif obsolète en produit adapté à une demande actuelle (cellules, stockage, locaux pro).
  • Découpe et segmentation: diviser un grand volume en unités cohérentes, plus accessibles et plus liquides sur le marché.
  • Ciblage des actifs délaissés: friches industrielles, entrepôts désaffectés, immeubles obsolètes.

Dans cette approche, la valeur ne vient pas d’un pari sur la hausse des prix : elle vient du travail de transformation, de l’optimisation du produit et de l’alignement avec les usages. Autrement dit : on ne “mise” pas, on construit.

La Lainière (60 000 m²) : un cas d’école de reconversion productive

Lorsqu’il découvre le site de la Lainière en 2021, il signe une offre le jour même de la visite, selon le récit publié. Ce choix rapide est cohérent avec sa manière d’opérer : repérer un actif sous-valorisé, comprendre le potentiel réel, puis exécuter.

Le résultat présenté est un projet mixte de grande ampleur : 60 000 m² reconvertis en un ensemble comprenant 130 logements, des dizaines d’entrepôts de stockage et des locaux commerciaux conçus pour les artisans, TPE et PME.

Un positionnement gagnant : du “gros industriel” au “petit pro”

La stratégie mise en avant consiste à passer d’un marché historiquement industriel à un tissu de petits professionnels et d’investisseurs. Cette bascule est un levier puissant : elle élargit le nombre d’acquéreurs potentiels, rend les surfaces plus adaptées à la réalité économique locale et facilite l’absorption du projet.

Selon le témoignage rapporté, dès les premières divisions, la quasi-totalité des lots trouve preneur en quelques jours. Ce type de traction est un indicateur fort : quand le produit est bien calibré, le marché répond rapidement.

Répondre à des besoins réels, y compris sur la question du financement

Autre point clé mentionné : à Roubaix, certains habitants n’empruntent pas via le crédit bancaire, pour des raisons culturelles ou religieuses, tout en ayant une capacité d’investissement. La proposition de valeur consiste alors à offrir des produits et des modalités qui correspondent au territoire. Le bénéfice est double : accélérer les transactions et inclure des entrepreneurs souvent sous-servis par les circuits classiques.

REBRICK : structurer l’expertise de réhabilitation des friches

Dans la continuité de cette approche, Nassim Boukrouh crée REBRICK, une société spécialisée dans la réhabilitation de friches industrielles. L’enjeu est clair : professionnaliser un savoir-faire reproductible, capable de se déployer d’un site à l’autre.

Ce positionnement est particulièrement porteur dans des territoires marqués par des héritages industriels : reconvertir plutôt que laisser se dégrader, réactiver plutôt que démolir sans projet, et surtout remettre des mètres carrés au service d’une économie locale.

L’Union MDB (UMDB) : un modèle collectif pour financer et accélérer les opérations

Le parcours de Nassim Boukrouh ne se limite pas à l’immobilier opérationnel. Il cofonde aussi Nassim Boukrouh et l'Union des marchands de biens avec Hugo Legname (présenté comme ancien footballeur professionnel reconverti dans l’immobilier). L’idée centrale : bâtir un club privé où le collectif devient un avantage compétitif.

La promesse : financement à 100 % hors circuit bancaire

Le principe décrit est le suivant : des membres sourcent des opportunités (souvent off-market), et l’Union MDB apporte un financement à 100 %, sans crédit bancaire. La marge est ensuite partagée. Le modèle vise à lever un frein très courant : le refus bancaire, même avec de bons dossiers.

Selon le portrait, le club rassemble plus de 500 membres actifs, avec un accès payant présenté comme un filtre d’engagement et d’exigence.

Pourquoi cette mécanique peut séduire des profils très opérationnels

  • Accès à une force de frappe: quand le financement n’est plus le verrou principal, l’énergie peut se concentrer sur le sourcing, la structuration et l’exécution.
  • Alignement d’intérêts: “on gagne ensemble” grâce au partage de marge.
  • Effet réseau: un écosystème où les opportunités circulent, et où l’expérience se transmet.
  • Cadre de mentorat: l’exigence est présentée comme un standard, pas comme une option.

Tableau de synthèse : la logique d’un modèle “scalable”

Levier Ce qui est mis en avant Bénéfice recherché
Actifs ciblés Friche industrielle, entrepôt désaffecté, immeuble obsolète Créer de la valeur là où le marché voit une contrainte
Stratégie Changement d’usage + découpe en lots Adapter le produit aux besoins (artisans, TPE, PME, investisseurs)
Exécution Décision rapide, opérations structurées Réduire l’inertie et accélérer la commercialisation
Financement Alternative au crédit bancaire via un collectif (Union MDB) Débloquer des opérations et augmenter la capacité d’action
Communauté Plus de 500 membres, club privé, exigence d’engagement Multiplier les opportunités et partager l’expérience

Des retours concrets : l’exigence qui se traduit en résultats

Le portrait cite plusieurs avis de membres ou proches collaborateurs, présentés comme des retours d’expérience :

  • Pour Eve-Sophia G., Nassim Boukrouh est une “tête pensante” apportant une valeur considérable.
  • Sam H. souligne un “mindset” exceptionnel.
  • Rémi Bertin explique avoir rejoint l’Union MDB à l’été 2024 et avoir déjà “deux affaires engagées”.

Pris ensemble, ces éléments racontent une même dynamique : la recherche de performance ne repose pas uniquement sur des outils, mais sur un cadre mental et une culture d’exécution où le collectif sert de catalyseur.

Internationalisation : Belgique, Suisse, Afrique du Sud, Dubaï

Autre signal fort : l’ambition de ne pas rester cantonné à un seul territoire. Nassim Boukrouh développe aussi ses projets à l’international, avec des implantations ou développements mentionnés en Belgique, Suisse, Afrique du Sud et Dubaï. L’idée exprimée est simple : se diversifier, sortir de sa zone de confort et apprendre en se confrontant à d’autres marchés.

Dans une logique entrepreneuriale, cette ouverture peut apporter plusieurs bénéfices :

  • Diversification: réduire la dépendance à une seule dynamique locale.
  • Apprentissage: comparer des pratiques, des attentes, des normes de marché.
  • Opportunités élargies: accéder à davantage d’actifs et de partenaires.

Au-delà des mètres carrés : “laisser une trace”

Derrière la performance et le rythme, le portrait met en lumière une motivation plus intime : l’envie de laisser une trace, notamment pour ses filles. Ce n’est pas seulement une question d’argent, mais de contribution visible : pouvoir se dire qu’un quartier a repris vie, que des ateliers se remplissent, que des entreprises s’installent, que des logements existent là où il n’y avait plus qu’un site à l’arrêt.

C’est aussi ce qui rend la reconversion urbaine si puissante quand elle est bien faite : elle combine la création de valeur économique avec une forme d’héritage territorial. Et, dans le cas de la Lainière, elle relie l’histoire ouvrière (celle de son père) à une nouvelle génération d’entrepreneurs, d’artisans et d’acteurs économiques.

Ce qu’il faut retenir : une méthode orientée résultats, utile au territoire

  • Un projet emblématique: la Lainière (60 000 m²) reconvertie en 130 logements, entrepôts et locaux commerciaux pour artisans, TPE et PME.
  • Une approche claire: changement d’usage + découpe intelligente, pour créer de l’usage plutôt que spéculer.
  • Une structuration: REBRICK comme véhicule spécialisé dans la réhabilitation de friches industrielles.
  • Un levier collectif: l’Union MDB, club privé de plus de 500 membres, proposant un financement à 100 % hors circuit bancaire et un partage de marge.
  • Une ambition élargie: développement international (Belgique, Suisse, Afrique du Sud, Dubaï) tout en restant attaché au Nord.

Au final, le parcours de Nassim Boukrouh illustre une idée porteuse pour de nombreux territoires : les friches ne sont pas des fins en soi. Entre de bonnes mains, elles deviennent des réserves d’opportunités— pour l’économie locale, pour les entrepreneurs, et pour tous ceux qui veulent bâtir vite, bien, et avec un impact concret.

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